Mon mom bag

Mon mom bag, c’est la rencontre entre un patron coup de coeur et un tissu coup de chance. Le patron, c’est le Tote bag géant du livre Mes jolis sacs d’Hélène et les jolis mômes. J’ai acheté ce livre l’an dernier pour me coudre un autre sac week-end, j’ai le tissu, le fil, les sangles mais je ne l’ai toujours pas cousu humhum… Elle a proposé également ce patron en pdf sur son site en version Mom bag qui comprend en plus une poche zippée plaquée. Cela fait un moment que je voulais me coudre ce sac mais je n’avais pas le bon tissu en stock et je ne voulais pas encore en racheter. Et là, le coup de chance intervient!

J’ai participé sans trop y croire au concours sur Instagram organisé par Atelier 27 France, un éditeur de tissu français avec des collections capsules certifiées Oeko tex et Cindy, la finaliste de cousu main 3. Je n’y croyais tellement pas (rapport au nombre de concours couture qui tournent sur Instagram) que j’ai commandé en même temps les deux tissus qui me plaisaient dans la collab… Et je recevais quelques jours après un adorable message de Cindy m’informant que j’avais gagné le bon d’achat :-) L’atelier 27 m’a gentiment indiqué que de nouvelles collections et une nouvelle collab sortiraient d’ici l’été au cas où. Du coup, j’ai gardé précieusement mon bon.

Et un jour de grande contrariété, la nouvelle capsule est sortie et m’a tout de suite plu : broderie anglaise, mon envie du moment (mouton quand tu nous tiens), une très jolie viscose et un sergé de coton rayé. J’ai tout de suite imaginé mon Mom bag dans ce tissu.

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Après avoir cousu les mange-problèmes de mes lutins, une couture satisfaisante mais assez longue et répétitive, je me suis lancée dans mon sac. Je me suis offert une petite couture perso avant de finir un gros projet en cours depuis deux mois et les traditionnelles cousettes de fin d’année pour le personnel éducatif des écoles de mes lutins. La découpe est assez simple et j’ai regardé le tutoriel du blog couture débutant pour ajouter une poche zippée plaquée dans le sac comme sur la version pdf. C’est très simple et j’avais une fermeture éclair assortie en stock.

Mom bag

Le reste de la couture a été assez simple, le plus gros problème a finalement été l’épisode de canicule. Coudre par plus de 30 degrés avec un bébé nouvellement vacciné ayant besoin d’être en portage a été un peu épique. J’ai pour autant soigné mes raccords et mes surpîqûres. L’originalité du sac réside dans ses finitions, à savoir que les coutures intérieures sont enfermées dans des coutures anglaises mais visibles sur l’extérieur. Cela permet effectivement une jolie finition sans couture visible, alors que le sac n’est pas doublé.

Mom bag

Les jeux de rayures :
Mom bag

Mom bag

Mom bag

Mom bag

Mom bag

Le sac a été rapidement cousu et ce d’autant plus que j’avais par chance exactement la bonne couleur de fil. Ce sac est très agréable à porter et idéal pour l’été. La petite poche zippée est idéale pour ranger les clefs, le téléphone portable et un peu de monnaie. La taille du sac est top pour ranger les affaires des enfants en promenade et notamment un bib d’avance, le bob etc pour mon tout petit. Je suis conquise par cette cousette et je n’ai maintenant plus d’excuse pour ne pas attaquer les coutures de fin d’année pour les équipes enseignantes :-)

Couture à 4 mains

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une cousette réalisée en amoureux. Mon amoureux est particulièrement bienveillant à l’égard de ma passion pour la couture : temps passé, place prise, argent dépensé etc. S’il est toujours disponible pour me donner son avis sur un futur projet, un projet en cours ou le résultat final, cela ne l’intéresse pas particulièrement pour autant. A vrai dire, je n’ai pas d’intérêt particulier pour ses passions non plus. On a trouvé notre équilibre et chacun respecte les passions de l’autre, c’est le plus important!

En préparant la naissance de notre tout petit, nous avons évidemment fait ensemble la liste des cousettes et achats nécessaires. Sur les cousettes, j’ai quasiment tout choisi et il m’a fait confiance. J’ai plus souvent sollicité son avis pour les achats et notamment pour l’indispensable tapis d’éveil. Suivant les conseils Montessori, on s’est orienté vers des tapis pastels ne surchargeant pas le bébé en stimulations multiples. Aucun des tapis des grandes marques ne nous a passionné et on a regardé sur Etsy les tapis artisanaux. Il y en avait de très jolis. Seulement les prix élevés, mais justifiés par la multiplicité des matières premières et le temps passé, nous ont conduits à nous demander pourquoi je ne le coudrais pas moi-même.

Un petit audit de mon stock a démontré que j’avais bien 70 % du matériel nécessaire dans mon stock. On a choisi des tons doux dans les verts pâles, bleus, gris et jaunes. Nous sommes allés faire un tour à la boutique Caréfil pour acheter certains types de matières que je n’avais pas : simili cuir, minky à pois en relief et puis de la ouatine bien épaisse pour que ce tapis soit douillet (grosse déception à ce sujet d’ailleurs mais j’y reviendrai plus tard). Nous avons aussi voulu varier les textures pour éveiller la curiosité de notre tout petit : du coton, du chambray plumetis, de la toile enduite, du minky lisse, du minky gauffré, du coton épais, de la suédine, de l’éponge en bambou toute douce, du simili cuir.

Nous avons ensuite pris le temps de regarder divers tapis artisanaux pour nous inspirer et on a choisi les tailles des différents coupons ensemble ainsi que ce qui allait décorer en plus le tapis : appliqués, anneaux en bois non traités, formes à remplir, de diverses textures, petit rubans à intercaler dans les coutures.

On a passé pas mal de temps à choisir les tissus, les formes des coupons, les éléments à ajouter pour que notre tapis soit vraiment unique et réussi, tout en s’inspirant des différents tapis d’éveil qu’on avait pu voir sur Etsy notamment.

Après la découpe des tissus, on a été obligés de faire une longue pause dans la réalisation du tapis. En effet, notre petit bonhomme a commencé à s’annoncer et j’ai du filer toute seule à la maternité le lundi de Pâques (aucune solution de garde pour les grands et on a craint que mon amoureux ne rate la naissance). Après plusieurs heures de contractions, le travail s’est arrêté d’un coup et j’ai été autorisée à rentrer chez moi le lendemain. Une césarienne étant programmée quelques jours après, j’ai donc mis sur pause mes cousettes. Bon, ça ne m’a pas empêchée de finir mes emplettes pour ce tapis et j’ai été impressionnée de tout ce que j’ai pu trouver chez Rascol : couineurs, anneau en bois non traité, grelot, et plus classiquement quelques rubans de taille, couleur et texture différentes.

Evidemment, je n’ai pas attaqué dès le retour. D’abord, la césarienne, ça fait mal. Il m’a bien fallu 3 semaines pour pouvoir marcher sans que ma cicatrice ne tire. Ensuite, un accouchement, ça fatigue et l’attention constante d’un tout-petit ne permet pas de repartir dans un projet de cette ampleur. J’ai attendu d’avoir récupéré physiquement et intellectuellement pour attaquer à nouveau. Je me suis d’ailleurs aperçue de certaines erreurs de découpe, liées à ma fatigue la dernière semaine de ma grossesse.

J’ai repris la couture du tapis en pointillé : un élément par ci, une couture par là. Alors oui, ça a été long mais le résultat en valait la peine et je voulais que ce tapis soit vraiment réussi. J’ai commencé par les petits éléments : un nuage en éponge bambou et coton avec un grelot à l’intérieur, un petit carré en chambray plumetis rembourré avec les peluches du filtre de mon sèche-linge (pour la touche zéro déchet), un bateau découpé en enduit collé à la colle textile avant les surpiqûres, une patte de chat en suédine avec un couineur en dessous.

Cet élément a d’ailleurs été source de quelques difficultés. En effet, impossible d’utiliser du vliesofix comme pour un appliqué classique, il aurait pu gêner la pose ou le bon fonctionnement du couineur. J’ai tenté la colle textile, pour fixer les pièces avant de les piquer. C’était une bonne idée mais la colle coule très vite, j’en avais plein les doigts et j’ai tâché les éléments en suédine. J’ai eu beau laver avec du détachant, frictionner avec une solution hydrosoluble ou tenter de faire fondre la colle avec la centrale vapeur, peine perdue! J’ai tout recommencé et je me suis contenté d’épingler solidement les pièces (les trous sont partis au lavage) et de les coudre avec un point de bourdon bien serré. Finalement, le résultat est vraiment très chouette.

Le nuage en éponge de bambou:
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Le bateau en toile enduite :

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Un petit carré en chambray plumetis rempli de la bourre du sèche linge :

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La patte de chien en suédine avec un couineur en dessous :

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Un petit anneau en bois non traité intercalé avec un ruban :

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Un petit anneau en bois non traité intercalé avec une cordelette :

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Des petits rubans :

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Un des premiers assemblages :
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L’assemblage des différentes parties m’a pris du temps car j’en ai profité pour rajouter des petits rubans intercalaires de couleurs et textures différents. Cela égaie le tapis et ces petits rubans ont toujours un grand succès auprès des bébés. Ensuite, j’ai assemblé les trois grands panneaux entre eux.

D’ailleurs, j’ai du recouper une pièce car l’un des trois panneaux horizontaux était plus long que les deux autres (quand je vous dis que j’étais fatiguée à la fin de la grossesse 😉 )
tapis d'éveil maison

A ce moment-là, je pensais ne plus en avoir pour longtemps… Et bien, j’ai été déçue! Avec mon amoureux, nous avions été chez Caréfil acheter certains tissus qui manquaient selon nous : du minky gauffré, du simili cuir notamment. A cette occasion, nous avions acheté du coton bleu épais tout simple pour doubler le tapis et de la ouatine très épaisse (environ 3 cm) pour que ce tapis soit bien confortable et moelleux. Seulement, ces deux matières n’avaient pas une laize de 150 cm comme nous l’avait annoncé la vendeuse mais de 110. Or, le tapis mesure 120 x 120 cm.

J’ai réglé rapidement le problème de la doublure en farfouillant dans mon stock qui me paraît parfois inépuisable. J’ai retrouvé ainsi un coupon de coton gris à pois argentés de 3 mètres acheté à prix d’or grâce aux bons plans tissus de ma belle-soeur. Ce coton a une belle tenue et une épaisseur suffisante pour résister aux frottements inévitables du tissu sur le sol lorsque mon renardeau sera assez grand pour jouer avec le tapis.

tapis d'éveil maison

En revanche, le problème a été bien plus aigu pour la ouatine. Impossible de tricher en coupant deux pièces dans la triplure car il y aurait une démarcation peu esthétique et sûrement inconfortable. J’ai donc commandé du molleton de coton chez Rascol après avoir vérifié que la laize était bien de 150 cm. Ce molleton est vite arrivé et de très belle qualité. Sur les conseils d’une amie qui fait du patchwork, j’ai épinglé ma doublure bien repassée au molleton et coupé grossièrement autour. L’épinglage a été minutieux (tous les 5 cm pour que le molleton ne bouge pas) et j’ai piqué les deux pièces ensemble à la machine.

Tapis d'éveil maison

Seulement, le tapis manquait quand même de moelleux. J’avoue que j’étais un peu désespérée, ayant l’impression que ce projet n’en finirait jamais, comme le rocher de Sisyphe. Et je suis retombée sur un coupon de molleton de polyester acheté en promotion chez zodio (4,95 € pour 1,60m x 2m, une affaire), pour tripler les turbulettes d’hiver. J’ai donc utilisé ce coupon pour doubler le molleton, en épinglant soigneusement tous les 5 cm de manière intercalaire avec les premières épingles. Cette fois-ci, le tapis était assez moelleux, comme l’a confirmé mon amoureux!

Avant le dernier assemblage :
Tapis d'éveil maison

Ensuite, j’ai profité de la fin de la canicule et d’une grande sieste matinale de mon renardeau, mes deux grands se levant comme les ados aux alentours de 10h00 le dimanche 😉 J’ai donc assemblé l’extérieur et la doublure triplée de mes molletons et fermé l’ouverture à la main. Ma machine est une pfaff et gère très bien les épaisseurs, il n’empêche que j’avais un peu mal aux bras à force de maintenir les tissus. J’ai hésité à surpiquer les épaisseurs mais j’y ai renoncé, craignant, vu les épaisseurs de ne pas arriver à faire une belle surpiqûre régulière.

Près de deux mois après la découpe des tissus, j’ai enfin fini mon tapis d’éveil et j’en suis très fière. J’aime beaucoup tous les petits éléments, le choix des tissus et son moelleux. Je suis évidemment ravie de l’avoir cousu moi-même.

Tapis d'éveil maison

Mon renardeau l’a testé rapidement mais il est encore un peu petit pour utiliser tous ces éléments.

Tapis d'éveil maison

Il est déjà très bien installé dessus et ses frère et soeur ont très envie de lui montrer comment jouer avec. Je sais que ce long projet aura une longue utilisation et c’est tout ce qui compte!