Belle Île pas en mer

Lorsque j’ai débuté la couture, j’avais acheté la box des couturières éditées par Aime comme Marie et Ernest est Céleste. Cela m’avait semblé une bonne idée et la garantie d’avoir un tissu adapté à un patron, le côté surprise ne me gênait pas à l’époque. Au final, j’ai utilisé le tissu pour un autre patron, je n’ai jamais réalisé le patron de la box et j’ai adoré la trousse dans laquelle je range mes biais, passepoils et rubans.

Depuis, j’avais résisté aux autres box et notamment les box Aime comme Marie. Les patrons sont toujours disponibles avec un peu de délai et puis l’intérêt de la couture est de pouvoir intégralement choisir son vêtement, y compris le tissu et la mercerie. Seulement, j’ai flashé sur la box Belle Ile quand elle est sortie. J’adore les robes, le tencel, les détails en lurex et les coupes boulot compatibles pour l’été. Cette box avait tout bon et je n’ai pas hésité avant de la commander.

Elle a patienté, un peu trop, car mon projet de robe à partir de la blouse la brune s’est révélé beaucoup plus long que prévu à coudre. Juillet et août sont passés avec les vacances et, optimiste sur le temps, je l’ai découpée fin août. Evidemment, le temps s’est gâté avec de la pluie battante, des températures en chute… J’étais peu motivée pour coudre ma robe, sachant que j’allais sûrement attendre l’été prochain pour la porter.

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Seulement, le tencel, une fois coupé, ça a tendance à s’effilocher. Je devais donc m’atteler à sa couture. Bon, je vous le dis tout de suite, cette robe n’est pas adaptée aux débutantes et elle est plus complexe qu’elle n’en a l’ait à première vue. La couture des fronces n’est pas évidente sur ce tissu et je suis moyennement satisfaite des miennes.

Les empiècements devant, intérieur et extérieur, sont très jolis et offrent des finitions impeccables. Seulement, la technique n’est pas si simple à maîtriser, même en suivant attentivement les tutoriels vidéos détaillés proposés par le blog de 36 bobines, partenaire d’Anne Kerdiles couture pour cette box. D’ailleurs, j’ai rajouté des petits morceaux d’entoilage thermocollants sur l’envers au niveau des crans de montage car je trouvais que cela conduisait à coudre très près du bord des pièces à ces endroits. On verra si l’avenir me donnera raison…

Ensuite, ça a été le festival des erreurs. Je n’ai pas arrêté de faire des erreurs d’inattention, de coudre, de découdre, et éventuellement de refaire mes erreurs (pour coudre les bustes ensemble, les poches, les surpiqûres etc). Je crois bien que j’ai fait toutes les erreurs possibles! Je n’arrivais pas à bien me concentrer et cette couture a été poussive, sur une semaine entière…

La couture de la fermeture invisible a été un peu laborieuse aussi. J’ai pris le temps de la bâtir et ça n’est pas du luxe. Parfois, il vaut mieux perdre du temps pour en gagner ! Le raccord en haut de la robe au-dessus de la fermeture s’est fait sans difficulté mais en bas, ça a été une autre histoire. Après plusieurs coutures insatisfaisantes, découd-vite et rebelote, j’ai opté pour raccourcir la fermeture (après essayage sur la bête bien sûr). En effet, je n’ai pas pu coudre aussi près de la fin du zip que je l’aurais voulu. J’ai donc fermé les côtés de la robe, en enfermant aussi le bas du zip à partir de mon point d’arrêt. Au final, cette solution est très adaptée. Ma fermeture éclair est vraiment invisible et c’est une vraie satisfaction personnelle.

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Et enfin, j’ai attaqué les finitions. Je n’avais pas beaucoup aimé la technique des empiècements avec le repli d’un cm sur l’envers avant de piquer. C’est assez difficile à manier et je préfère de loin ganser mes parementures de biais à cheval pour des finitions nettes. J’ai donc préféré finir les emmanchures avec un biais rapporté, c’est une technique que je maîtrise beaucoup mieux. J’ai farfouillé dans mon stock et pris du baisi première étoile couleur lie de vin. Il m’en restait assez pour faire l’ourlet de la jupe. Le tencel est un tissu qui bouge beaucoup et le biais rapporté me sécurise pour faire les ourlets sur les tissus très fluides.

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Et j’ai fini par la couture à la main des boutons décoratifs. Je n’ai pas fait de vraies boutonnières sachant que la robe s’enfile avec le zip sur le côté. Je n’ai pas voulu prendre le risque de massacrer ce travail laborieux, de longue haleine surtout pour des boutonnières uniquement décorative.

Robe Belle Ile

Robe Belle Ile

Robe Belle Ile

Robe Belle Ile

La couture a donc été très longue et poussive. Au final, le seyant de la robe me plaît beaucoup. Elle est peu décolletée donc compatible avec le travail en été et c’est un très bon point. Le tissu est très léger donc je pense bien la rentabiliser. Pourtant, je ne suis pas totalement satisfaite. Je trouve que mes fronces manquent de fluidité, j’ai eu du mal avec ce tissu. Je préfère de plus en plus faire mes fronces avec de la laminette qui donne un résultat plus uniforme.

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C’est sûr, ma robe Belle Île, je vais la porter et la rentabiliser mais il n’y aura pas de deuxième version, je ne trouverai jamais le courage de réaffronter tous ces points techniques 😉

Milan fleurie

La blouse milan m’a fait de l’oeil dès sa sortie mais voilà, ma liste de projets était déjà bien longue. J’ai passé mon tour mais ce patron est resté dans un coin de ma tête. Il y a plusieurs semaines, pretty mercerie a proposé une viscose fleurie à tomber. Je n’ai pas réfléchi et commandé cette merveille. C’était une évidence, ce serait ma blouse milan.

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Seulement, je ne voulais pas faire d’erreur. J’ai donc cousu une toile et c’était bien nécessaire. J’ai respecté le tableau des tailles en coupant un 36 en haut, s’élargissant vers un 38 à la taille. J’ai monté ma blouse dans un coton fleuri des coupons de saint pierre avec les modifications que je souhaitais faire : suppression du volant et découpe du devant en une seule pièce. La blouse se monte très facilement mais voilà, elle est trop juste sur le haut et il y a un vilain pli au niveau de la poitrine.

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Il me fallait donc couper ma blouse en 38.

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La viscose étant très fine et fluide, des coutures anglaises étaient indispensables. Je ne pouvais pas en coudre aux emmanchures cela allait créer un surplus de tissu disgracieux, j’ai donc gansé ces coutures avec un biais à cheval liberty.

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La couture de ce projet a été assez longue en raison de la fluidité de ce tissu. Je l’ai régulièrement empesé avec du fabulon mais elle bougeait vraiment beaucoup. Deuxième difficulté, les surjets se défaisaient à l’encolure et aux poignets. J’ai pris mon temps pour coudre la blouse mais arrivée à l’encolure, mauvaise surprise, mes parementures étaient trop courtes. J’ai opté pour un biais rapporté afin de bien maintenir l’encolure. Même problème pour les poignets et j’ai fait un ourlet simple. L’ourlet de la blouse a aussi été délicat et j’ai cousu un biais rapporté qui me semblait être la meilleure solution pour réaliser un ourlet droit et propre.

blouse milan

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Après toutes ces mésaventures, j’avais enfin cousu ma blouse et ça a été un vrai coup de coeur à l’essayage. la couple est flatteuse et féminine. J’adore ce décolleté du dos! Et ce tissu, une vraie caresse sur la peau, et tellement lumineux. J’en ai bavé, mais elle en valait la peine ma blouse milan.

blouse milan

blouse milan

blouse milan

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