Les soucis, on les règle la nuit

Je dois bien le reconnaître, sur ce coup-là, j’ai explosé mon délai de réalisation. Tout est parti d’un costume réalisé par ma copine Léna pour sa fille, le dit costume étant celui de Gluglu un des personnages des pyjamasques. C’est un dessin animé assez sympa avec des enfants qui deviennent des super héros grâce à des pyjamas magiques (si j’ai bien tout compris). Ma fille a adoré le costume et le dessin animé. Forcément, elle m’en a demandé un et… son frère aussi !

Pour celles qui ne connaissent pas, je vous présente les pyjamasques !
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les pyjamasques

Pépette la chouette voulait le costume de Gluglu :
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Léna m’a prêté le patron et j’ai traîné… Je ne trouvais pas le courage de m’y atteler alors je me suis longtemps dit que ce serait le prochain projet. Première tentative cet été, je me rends compte qu’il me manque 20 cm de tissu sur mon coupon. J’ai racheté du jersey vert kiwi pour le corps et sapin pour les décorations (Mamzelle Fourmi) et j’ai encore laissé traîné, je sais, c’est mal! Et d’un coup, j’ai attaqué le plus facile, celui de ma fille pour lequel j’avais un patron.

Début de découpe, ça me paraît peu large même pour mon allumette… Vérification, il faut ajouter les marges de couture, 1,5 cm de chaque côté, ceci explique cela… Je redécoupe donc et ajoute des pattes de boutonnage dans le dos selon le conseil de Léna. Il est en effet impossible de couper au pli le devant et le dos si on respecte le droit fil. J’ai donc ajouté de chaque côté une bande de 4 cm de largeur sur 35 cm de longueur que j’ai replié en deux avant de piquer. J’ai ensuite cousu du scratch de chaque côté de ces demis dos (plus facile à manipuler que des fermetures éclairs). Bon, pour le fun, j’ai cousu les deux sur l’extérieur avant de comprendre que pour fermer correctement, il en fallait un à l’intérieur et un à l’extérieur.

J’ai tout monté à la surjeteuse, y compris l’encolure. Là, je me suis un peu plantée, j’ai mal positionné la bande au début et le couteau en a coupé un peu, du coup ça manque de régularité dans le dos… Ceci étant, la jeune fille n’est pas exigeante côté finition et ça fait le job. Deuxième gros écueil, le raccordement des deux demis dos après le scratch. J’aurais du bâtir… Et flemme oblige, je ne l’ai pas fait. J’ai mal positionné un des côtés et paf, un petit bec :-( Impossible de rattraper ça d’autant plus que c’était monté à la surjeteuse. J’ai voulu découdre mais clairement cela aurait trop fragilisé la couture. J’ai donc décidé d’assumer ce petit bec. Ce n’est pas joli mais ce n’est pas non plus monstrueux et puis bon, je n’avais pas de tissu pour recommencer!

Evidemment, j’ai rajouté une petite queue, comme pour le vrai gluglu, un triangle isocèle cousu à la machine à coudre pour le coup et rembourré avec de la bourre à coussin. Je l’ai pris dans la couture du bas du dos et zou galinette. Pour le reste, rien de spécial, montage à la surjeteuse et ourlet classique à l’aiguille double avec du fil mousse dans la cannette.

J’ai utilisé le patron du masque qui a clairement la forme de spiderman et l’ai agrémenté de triangles isocèles vers sapin, également rembourrés pour donner du volume, un petit coup d’ourlet et zou…

les pyjamasques

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Mon lutin voulait quant à lui le costume de Yoyo :
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J’ai ensuite réfléchi avant d’attaquer le costume de mon lutin, et pour cause, là, je n’avais pas de patron ! J’ai décalqué le legging Viola et le polo Paco, deux patrons de la maison victor en 4 ans. J’ai pris les mesures qui me paraissaient essentielles directement sur la bête : longueur des bras, longueur des jambes, longueur encolure entre jambes etc. Ensuite, j’ai attaqué l’adaptation sauvage des patrons pour en faire des combis. J’ai commencé par enlever la marge d’ourlet pour le polo ainsi que celle correspondant à la coulisse de l’élastique du legging. Puis, j’ai réduit proportionnellement jusqu’à arriver à la longueur encolure entrejambe et encolure entrefesse de mon lutin + 4 cm pour prévoir les marges de couture et de l’aisance suffisante pour gigoter dedans. Evidemment, j’avais posé le patron de la combi de sa grande soeur pour avoir une idée de l’angle entre les jambes et le buste. J’ai ajouté une patte de boutonnage plus simple, deux bandes de 2,5 cm de large avec un arrondi en bas permettant de replier sur l’intérieur. J’ai légèrement redessiné les jambes pour respecter les proportions du patron original. Et ensuite, soyons folle, j’ai découpé dans un beau jersey bio couleur blueberry que j’aurais bien gardé pour moi (Encore Mamzelle Fourmi).

Cette fois-ci, j’ai renforcé avec une vlieseline légère mes pattes de boutonnage et cousu le strach (deux fois le même côté du scratch pour vérifier si je suivais). Pour le coup, j’ai voulu m’assurer que le bas du dos serait propre. Clairement, mes pattes de boutonnage sauvage manquaient de précision car ce n’était pas nickel. J’ai bâti à la main puis cousu à la machine mais cela créait des pinces très moches. Après plusieurs tentatives, j’ai bâti proprement puis surpiqué à la machine. Alors oui, ça se voit mais c’est propre et c’est ce que je voulais.

J’ai été très minutieuse pour l’encolure. Encore une fois, j’ai suivi à la lettre les conseils de « Coudre le stretch ». J’ai contrôlé l’élasticité de mon jersey et appliqué sa méthode de calcul. J’ai fait attention à ne pas couper à la sauvage ma bande d’encolure et elle est presque parfaite (j’ai fait une reprise à la machine à coudre à un endroit).

Pour la cagoule, j’ai imprimé le gabarit papier pour faire des masques sur Internet que j’ai repris pour en faire une cagoule. J’ai ajouté des oreilles de chat en jersey bleu marine (l’art d’utiliser les chutes), rembourées également, que j’ai pris dans la couture centrale. Bon, j’ai cousu une première fois sans car j’avais oublié de les insérer.. Grrr, quelle tannée de découdre des coutures réalisées à la surjeteuse… J’ai fini par un ourlet double classique.

les pyjamasques

Après essayage des costumes, il a fallu attaquer la customisation, la touche finale qui fait la différence! J’ai délégué à mon amoureux les manipulations photoshop pour reproduire les écussons sur les poitrines des héros ainsi que les genouillères et coudières. Ensuite, tout a été découpé en thermocollant à la scanncut (je commence à bien la rentabiliser), un petit coup de centrale vapeur et c’était parti !

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Evidemment, ces costumes ne sont pas parfaits, mais j’en suis très fière. D’abord, le costume de mon lutin est ma première grosse bidouille maison et je suis contente de voir qu’elle fait le job. Ensuite, la joie dans leurs yeux et le plaisir qu’ils ont à jouer avec valait bien le nombre d’heures passés sur ce projet ! En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à convaincre mon lutin que non, je ne me coudrais pas le costume de Bibou, le troisième pyjamasque 😉

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Mon lutin en sweat Lacoste

Oui, vous ne rêvez pas, je parle bien d’un sweat Lacoste sur un blog de couture ! J’ai une bonne explication : au mois d’avril, lors d’une virée à Nantes, j’ai été faire un tour chez Tissus Myrtille. Ma copine Léna m’avait signalé qu’ils avaient du sweat et du molleton Lacoste de belle qualité, en grande largeur et en quantité limitée. Et j’ai pris un coupon dans les trois références 😉 Je n’avais pas remarqué celui-là au début mais j’ai eu d’un coup une illumination, il serait parfait pour mon lutin et ses yeux bleus malicieux ! Et hop, 80cm dans le panier…

Pour la première fois depuis que je couds, mon amoureux m’a passé commandé d’une cousette pour notre lutin : un sweat léger, zippé, non doublé, sans capuche qui s’enfile et s’enlève facilement, sur le modèle d’une polaire venant du commerce. J’ai cherché un modèle dans mes patrons mais je ne trouvais pas mon bonheur. Pour la première fois, j’ai acheté un patron Burda, le modèle 9425 qui se décline aussi avec capuche.

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J’ai décalqué le patron en trois ans et j’ai choisi de rajouter des parementures intérieures à la fermeture éclair. Pour cela, j’ai donc coupé deux bandes de 36 cm de long et 4 cm de largeur, la prochaine fois, ce sera 5 cm de large pour pouvoir les border de biais à cheval et obtenir des finitions plus nettes.

Sweat Lacoste

J’ai pris mon temps pour la couture car les explications Burda manquent de schémas et il fallait donc que je les lise attentivement pour être sûre de bien comprendre. En plus, j’ai modifié l’ordre de montage puisque j’ai posé des parementures le long de la fermeture éclair après les avoir bâties à la main pour être sûre de la symétrie des deux devants du gilet. Et là, c’est le drame! Les deux poches ne sont pas symétriques en haut, gloups! Je n’avais pas du tout pensé à vérifier ce point et j’avais déjà cousu les manches…

Sweat Lacoste

J’ai continué le montage en réfléchissant au problème. J’ai surpiqué la couture d’assemblage du col pour que les surplus de couture restent bien en place. Et oui, ma chambre/atelier était squattée par le lutin qui y faisait la sieste et je n’ai pu sortir que ma machine à coudre et pas ma surjeteuse. Le gilet est donc entièrement assemblé à la machine à coudre.

Sweat Lacoste

J’ai décousu la poche trop grande à grands renforts de découd vite et, armée de mon crayola et de ma règle japonaise, j’ai tracé un nouveau repère pour rattraper la symétrie. J’ai ensuite solidement épinglé et repassé le tout avant de piquer à nouveau. Les galères se sont multipliées, la canette s’est bloquée, le fil d’aiguille a fait des noeuds, je m’arrachais les cheveux. J’ai enfin réussi à coudre ces quelques points avant de tomber en panne de fil, la bobine et la canette étaient presque vides et je les surveillais d’un oeil inquiet.

Sweat Lacoste

J’ai aussi cassé mon aiguille double et j’ai donc du faire un ourlet simple, espérons qu’il survive à l’ardeur du lutin…

Sweat Lacoste

Après examen minutieux, la symétrie est rattrapée et ce sweat est très réussi. Je l’ai présenté à mon amoureux qui l’a validé. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il plaise également à mon lutin qui aura trop la classe, en sweat Lacoste homemade :-)

Sweat Lacoste

Sweat Lacoste